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Résumé: L’article se propose d’analyser l’interaction entre la société, le paysage et l’identité territoriale dans la région du Malcantone (Tessin, Suisse) en mettant particulièrement l’accent sur deux éléments qui ont fortement caractérisé la région : les pratiques vitivinicoles d’une part, et la mise en valeur du châtaigner, de l’autre. Après une phase de désintérêt et d’abandon, ces activités sont aujourd’hui remises en valeur, dans le contexte d’une nouvelle dynamique territoriale de nature économique, environnementale, paysagère et culturelle. L’article met en exergue une forme de réhabilitation du «passé» qui se greffe sur la réalité présente et se tourne aussi vers l’avenir.
Mots-clés: Tessin, vigne, châtaigner, réhabilitation, identité, paysage, politique environnementale.
Περίληψη: Το άρθρο αναλύει την αλληλεπίδραση που αναπτύσσεται ανάμεσα στην κοινωνία, στο τοπίο και στην τοπική ταυτότητα στα χωριά του Μαλκαντόνε (Τιτσίνο, Ελβετία) τονίζοντας τα δύο εκείνα στοιχεία που έντονα χαρακτηρίζουν την περιοχή: την αμπελοκαλλιέργεια και την αξιοποίηση της καστανιάς. Μετά από μια περίοδο αδιαφορίας και εγκατάλειψης, οι δύο αυτές δραστηριότητες ενεργοποιήθηκαν και αξιοποιούνται πάλι στα πλαίσια μιας νέας δυναμικής ανάπτυξης και μιας προοπτικής που λαμβάνει υπ’ όψη της την οικονομία, το περιβάλλον, την αξία του τοπίου και την πολιτισμική παράδοση. Το άρθρο αναδεικνύει μια μορφή «αναβίωσης του παρελθόντος» που ενσωματώνεται στη σημερινή πραγματικότητα και στρέφεται προς το μέλλον.
Λέξεις κλειδιά: Τicino, αμπέλι/αμπελοκαλλιέργεια, καστανιά, ταυτότητα, τοπίο, πολιτική περιβάλλοντος.
Riassunto: L’articolo si propone d’analizzare le interazioni traa la società, il paessaggio e l’identità terrtitoriale nella regione Malcantone (Ticinom Svizzera) mettendo particolarmente l’accento su due attività che hanno fortemente caratterizzato il territorio: le pratiche vitivinicole e lo sviluppo del castagno. Dopo una fase di sisinteresse e d’abbandono, queste attività sono nuovamente prese in considerazione e valorizzate dal punto di vista economico, ambientale, paessaggistico e culturale. L’articolo mette in risalto una forma di riabilitazione del «passato» che s’innesta sulla realtà presente e che si rivolge pure verso il futuro.
Parole chiavi: Ticino, vite, castagno, riabilitazione, identità, paessagio, politica ambientale.
La nature et la société interagissent et se conditionnent réciproquement; l’homme agit sur la nature et la modifie. Il organise son espace en fonction de son système économique, de sa structure sociale, de ses modes de vie, de son système de valeurs et des capacités techniques dont il dispose. Dans ce contexte territorial spécifique, la composante humaine et la composante naturelle déterminent l’utilisation de l’espace et en définitive l’aspect du paysage. «Le paysage, avec ses signes et ses symboles, est en quelque sorte le miroir de la société ; il reflète en effet une civilisation passée, la réalité actuelle et traduit aussi ses potentialités de développement futur» (Dollfus, 1973:30).
La composante humaine, comme celle de la nature, présentent un ensemble d’éléments complexes qui se caractérisent très souvent par leur diversité, leur incompatibilité ; ces éléments s’articulent continuellement entre eux dans une dynamique qui souvent favorise ‘l’univers’ de l’homme et pénalise celui de la nature. «L’équilibre, toujours fragile entre les activités humaines et l’environnement naturel se manifeste en particulier dans les régions les moins urbanisées et les moins sollicitées par l’action de l’homme» (Godelier, 1984:13). Le type de paysage qui en résulte peut contribuer à détériorer la qualité de la vie de la population, à favoriser ou non l’attractivité touristique du territoire et à renforcer ou à affaiblir le sentiment d’appartenance territoriale de la population.
Territoire préalpin, habité et exploité depuis des milliers d’années, le Malcantone se caractérise par toute une série de témoignages qui rappellent la civilisation rurale d’autrefois. Le paysage naturel et construit est encore aujourd’hui un révélateur privilégié des activités agricoles et pastorales d’antan : anciens terrassements pour la culture de la vigne, haies et chemins agricoles, constructions rurales typiques avec leur «loggia» destinée au séchage du maïs et des feuilles de tabac, étables, caves à vin voûtées, celliers, anciens pressoirs, alambics pour la distillation de la grappa, four à pain, moulins à eau. Dans la région, nous trouvons aussi des «roccoli», bâtisses spécifiques destinées à la chasse aux oiseaux ainsi que des «nevere», constructions cylindriques enterrées que l’on remplissait de neige en hiver pour conserver les aliments pendant une bonne partie de la belle saison (il s’agissait en quelque sorte des ancêtres de notre congélateur). Citons aussi les «grà», structures qui permettaient le séchage des châtaignes grâce à un système de grille à charbon.
Sous l’action de l’homme, de ses activités économiques et des impératifs de l’aménagement du territoire en particulier, le paysage évolue et, avec lui, l’identité collective de la population. Que reste-t-il de la civilisation rurale d’antan ? Quelle est l’évolution de ces activités ? Comment ce changement est-il vécu ? Quel est son impact sur le paysage et sur l’identité de la collectivité régionale ? Quelle est la place des activités vitivinicoles et de la production des châtaignes dans ce contexte ? Avec l’élevage et la production de lait, ces deux activités représentaient autrefois les piliers de l’économie rurale et restent encore aujourd’hui des symboles forts du territoire. Peut-on parler d’une «civilisation» de la vigne et du châtaigner pour la région du Malcantone ?
Cette région présente aujourd’hui un territoire hétérogène caractérisé par une relative urbanisation dans sa partie inférieure (axe Bioggio – Agno – Ponte Tresa) et d’importante potentialités naturelles, paysagères et historico-patrimoniales surtout dans sa partie moyenne-haute. La région est en outre sou,ise à la Loi sur l’aide aux investissements dans les régions de montagne (LIM) depuis 1976. cette loi se propose en particulier de créer les conditions favorable au développement économique et d’accroître la compétitivité dans les régions de montagne (Article 1 de la LIM).
Le Malcantone est formé de 21 communes subdivisées en 3 sub-régions (bas, moyen et haut Malcantone) et de 18 bourgeoisies possédant 50% de la surface forestière. Il compte 19.500 habitants (Agno, commune principale avec 3.573 habitants, Iseo, la plus petite, avec 82 habitants) et une augmentation de l’effectif de 57% en 25 ans. Avec 9.715 places de travail seules 25% sont occupées par les habitants de la région. La plupart des personnes domiciliées travaillent donc hors région. Le Malcantone est une région touristique qui compte environ 200.000 nuitées par années (regionemalcantone.ch/).
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